Essai du Nynja :

Un vrai Couteau Suisse signé Flylight

Il y a des machines qui traversent les années sans prendre une ride. Le Nynja en fait partie. Ce best-seller de l’ULM 3 axes, descendant direct du Skyranger, perpétue l’esprit d’une aviation simple, robuste et efficace. Une machine sans chichi, conçue pour voler, et rien d’autre. Thierry Barbier l’appelait  « sa deux chevaux du ciel » : une définition qui lui colle à la peau.

Ludo, lui, ne découvre pas l’engin. Il en a monté un bon paquet, connaît chaque boulon, chaque hauban, chaque câble du Nynja. Aujourd’hui, il le retrouve dans sa version STOL, chaussé de grosses roues et équipé d’un kit Béringer. Une configuration parfaite pour tester toute l’étendue de ses capacités.

Un avion bien né

Sous le capot, on retrouve le très classique Rotax 912S de 100 chevaux. Pas de surprise, mais du solide : un décollage en moins de 100 mètres, une croisière à 150 km/h, une finesse de 9:1 à 100 km/hAjoutez à cela des volets électriques, des réservoirs en alu, une radio et un transpondeur, et vous obtenez un véritable passe-partout. Petit chemin de campagne ou aéroport international ? Peu importe, il n’a pas de préférences.

Mais ce qui fait aussi la force du Nynja, c’est sa simplicité mécanique. Facile à entretenir, peu coûteux à réparer en cas de casse, il a été pensé pour être remis en état rapidement et sans prise de tête. Un atout majeur pour un avion-école, où les petits incidents sont monnaie courante. Comme le dit Ludo : « Une machine que chaque aéro-club devrait posséder. »

Car en plus d’être solide, le Nynja est un formidable outil pédagogique. Il pardonne sans masquer, oblige l’élève à développer de bons réflexes tout en offrant des sensations proches d’un avion plus conventionnel. Idéal pour apprendre à bien piloter sans tomber dans l’assistanat des machines plus modernes.

Un peu d’histoire

L’histoire du Nynja commence bien avant les années 2000. Philippe Prévot, ingénieur français et passionné d’aviation, conçoit en 1991 le Skyranger. Ce petit ULM sans prétention, assemblable en kit, devient rapidement une référence. Fiable, rustique, léger, il séduit des centaines de pilotes à travers le monde.

En 2009, son évolution naturelle voit le jour : le Nynja, version plus moderne et aérodynamiquement optimisée. Mais en 2016, la société Best Off, qui assurait la production, ferme ses portes après le décès de Prévot. Heureusement, l’histoire ne s’arrête pas là. La société anglaise Flylight Airsports reprend la commercialisation, perpétuant l’héritage du Skyranger et du Nynja.

Un succès qui dure

Si le Nynja s’est imposé comme un incontournable, ce n’est pas un hasard. Il incarne cette aviation pragmatique, accessible, et diablement efficace. Pas le plus rapide, pas le plus technologique, mais une machine qui fait le job, et qui le fait bien.

Ludo savait à quoi s’attendre en montant à bord. Et en posant les roues, il en était encore plus convaincu.