Asseyez-vous confortablement et laissez-moi vous distraire en vous contant une histoire merveilleuse….
Il était une fois, dans la belle et grande famille de l’Aviation, un petit maigrelet qui avait du mal à trouver sa place. Tout le monde se moquait de lui. Il n’était pas cher, il n’était pas beau, il était maladroit et n’avait pas les codes pour se mouvoir aisément au sein de cette belle et grande famille.
Cependant, malgré tous ses défauts, Petit-Maigrelet arrivait, par sa simplicité et sa sympathie, à se faire plein de copains. Comme lui, ses amis n’étaient pas beaux, étaient maladroits et ne maitrisaient pas les codes. Cela n’empêcha pas cette joyeuse bande complice de s’agrandir et de fédérer de plus en plus autour d’eux.
La jalousie et la peur de se faire submerger par ce groupe de radieux affreux commencèrent donc à s’immiscer de plus en plus au sein des autres membres de la belle et grande famille.
Un beau jour, afin de rappeler à Petit-Maigrelet qu’il n’avait pas le droit de prendre autant de place, ils décidèrent de lui tendre un piège. Ils lui proposèrent de devenir comme eux : plus beau, plus cher et moins maladroit. Ils lui confectionnèrent de nouveaux vêtements, tout en carbone et en titane, lui installèrent une turbine révolutionnaire qui consommait à peine deux fois plus de carburant que son ancien moteur et lui créèrent un nouveau terrain de jeu : é qué s’appelerio ULM Spéciaux.
Aveuglé par tant de luxe et de paillette, Petit-Maigrelet ne se rendit pas compte, tout de suite, du piège qui se refermait sur lui… Toute sa famille lui ayant promis que rien ne changerait et qu’il aurait toujours le droit de jouer avec ses anciens copains dans son vieux terrain de jeu, il ne fit pas attention qu’à ces beaux vêtements étaient malheureusement accrochés de petits messages annonçant : » formation spécifique » « nombre d’heures minimum obligatoires » « carnet de vol journalier » « prix de l’heure de vol exorbitant » « entretien obligatoire par du personnel habilité » …
Aujourd’hui, Petit-Maigrelet ne se reconnaît plus, Il regrette amèrement ces nouveaux vêtements. Ses anciens copains, ceux qu’il aimait tant, se font de plus en plus rares et son ancien terrain de jeux, trop vaste et trop libre, s’apprête à s’évaporer pour toujours…
Il reste toutefois encore un espoir à Petit-Maigrelet. Sur l’étagère de la responsabilité individuelle, conservée jusqu’alors, sont pliés soigneusement ses anciens vêtements. L’histoire ne nous dit pas encore s’il aura le courage de les revêtir… Petit-Maigrelet va-t-il réagir à temps ?
Je me permet, pour conclure cet édito, d’emprunter une tirade à Charles Perrault (écrivain du 17ème siècle) issue du conte du Petit Poucet et qui dit :
Mais si l’un d’eux est faible ou ne dit mot, on le méprise, on le raille, on le pille. Quelques fois cependant c’est ce petit marmot qui fera le bonheur de toute la famille.
Comme quoi, la grande Histoire aura connu des Perrault bien plus visionnaires que d’autres…