La Madeleine et le Taser…

Chers lecteurs de La Gazette, aujourd’hui, je vous propose de prendre quelques instants pour plonger ensemble dans le secret indicible de votre Madeleine de Proust. 

On a tous dans nos vies cet objet qui, dès lors que nos yeux se posent dessus, nous transporte vers un ailleurs, un souvenir, un parfum nostalgique qui nous ramène à des jours heureux. Il y a celui aussi qui nous taraude l’esprit, nous donne des envies d’escapades, d’école buissonnière, loin du quotidien convenu et assumé de nos vies d’adultes responsables.

Le premier n’a pas ici sa place. Il doit rester rangé, bien au chaud, blotti dans les méandres de notre mémoire, disponible pour les jours de pluie ou quand on a décidé d’écouter du Léo Ferré.

L’autre, ce truc bizarre qui n’a strictement rien à voir avec ce à quoi il me fait penser, cet objet  qui me projette tout entier dans une folle envie d’escapade et me balance, tel un taser, une décharge qui m’électrise jusqu’au plus profond de mes tripes, c’est celui-ci dont je vous parle.

Pour Claude, c’est un simple sac de toile, mais ce sac, c’est son compagnon de voyage, c’est des heures passées en pendulaire à naviguer à travers le vaste Monde, du Maroc à Madagascar, du Cercle Polaire aux confins de l’Italie, soigneusement sanglé en place arrière et toujours prêt pour une nouvelle aventure.

Pour Eddy, c’est sa casquette. Celle-là, elle est chargée de sens. Elle est toujours là, vissée sur sa tête tel un étendard, celui de sa liberté. Cette casquette, c’est lui qui l’a créée. Elle porte le nom de sa société, elle est le symbole matériel de son changement de vie. Si vous regardez bien, vous pourrez constater que l’hélice du logo indique une orientation 07-25, en hommage à son cher terrain de Montaigu, histoire de toujours garder le Cap !

Pour Christophe, c’est une vieille bouilloire toute bosselée, sauf que chacune de ses bosses raconte à elle seule une aventure, et pas seulement celle de Christophe. Cette bouilloire, c’était celle de son copain Olivier qui à fait le tour du Globe avec. Elle a réchauffé chacun de ses bivouacs, à Mendoza ou en Namibie. Pour Christophe, acquérir cette bouilloire, c’est « comme s’ il avait pris un petit peu de ces aventuriers, de leur philosophie du vol et de la vie ». C’est le regard espiègle et des projets plein la tête qu’il l’accroche à l’arrière du ZU ARC et la laisse se balancer avec une délicieuse nonchalance, tel le balancier d’une horloge qui égrène ce temps précieux passé à graver dans ses formes le récit d’une vie.

Julien, pour lui, c’est une paire de Ray-ban. Ces lunettes là, elles ont teinté ses plus belles navigations, elles ont magnifié les paysages les plus fous et lui permettent à chaque fois qu’il les installent sur son nez de savoir que la promesse d’une nouvelle séquence tant désirée n’est qu’à un tour de clé du Calidus. Regarder à travers ces verres lui permet toujours de ressentir les effluves de ses plus beaux moments passés en l’air.

Quant à moi, celui qui accompagne chacun de mes vols et me fait voyager dès que je le vois, c’est mon Saint Christophe, patron des voyageurs. Ce n’est pas tant sa dimension religieuse qui me touche que ce qu’il me rappelle de la 2cv de mon grand-père dans laquelle je ne loupais jamais une occasion de grimper à ses côtés pour partir à travers champs chercher de la luzerne. Il était là, accroché tout le temps au dessus de nos têtes, veillant sur notre chevauchée. Aujourd’hui, il est pour moi l’image du souvenir autant que de l’avenir, le compagnon fidèle de mes escapades et le témoin silencieux de ma liberté.

Et vous, c’est quoi votre « Madeleine », votre « taser » ??? Sortez-le, regardez le bien et préparez-vous ! Le printemps est là, l’école buissonnière est au coin de la rue et nous, on sera là pour vous accueillir avec cet objet fétiche pour LA photo, le jour du premier BBQ de La Gazette le 19 avril à Vitry-le-François !